Eveille toi que je suive tes traces



 



Il y a quelques temps, j’ai découvert le travail de Mai sur la toile. Sa façon simple, franche & joyeuse de partager des découvertes, une certaine approche de l’existence, des questionnements et des rencontres m’a bouleversée.


Il n’y a pas si longtemps, j’ignorais comment vivre. Je respirais par saccades et je cachais sous une couverture épaisse les plus terrifiantes angoisses. J’en oubliais de nourrir mes enfants et je pleurais à m’en tarir les larmes, à rainurer mes joues de sillons au goût amer.


Un jour, un médecin a écrit sur une ordonnance : marcher une heure chaque jour dans les collines. Je m’y suis astreinte, chaque jour, sous la pluie, sous la neige, dans la brume et, parfois, enfin, le corps offert au soleil. En parallèle, j’ai commencé à écrire de petites brèves ici. Oh rien de grandiose : des récits de vie, des anecdotes, des réflexions sur mon existence, une certaine quête d’authenticité. C’était la suite parfaite du blog précédent, les mêmes histoires mais un format plus court, une écriture de l’instant, un peu à la façon des 366 réels. Cet endroit a d’ailleurs pris une ampleur qui me ravit (il s’y fédère une petite communauté bien sympathique dont les échanges nourrissent mes questionnements) & me fait peur également (c’est beaucoup de monde).


Je suis guérie, aujourd’hui. Je recommence à respirer, mais aussi à lire, à comprendre, à réfléchir, à aimer, à sentir. C’est une expérience sensorielle fantastique, la sortie de dépression. Il me vient, forcément, un désir de partage et d’échanges.



J’aimerai vous dire tout le bien que je pense de Laëtitia Dosch et combien je suis impatiente de la voir jouer Duras à la fin du mois. Parler des heures du bouquin de Lisa, qui me bouleverse et dont je laisse traîner la lecture, pour la faire durer encore encore. Et puis il y a ces films, ces dizaines de films par mois, revoir L’une chante, l’autre pas, A nos amours, la première partie du Voyage à travers le cinéma français de Tavernier, le dernier Paul Thomas Andersen et m’ennuyer à mourir devant L’apparition de Giannoli. J’aimera vous lire, à voix haute, la lettre de Taubira (mais que j’aime cette femme, bon sang !) à Mennel. Vous parler du milieu carcéral, de mon expérience d’intervenante ; de mes questionnements politiques, mes lectures sur l’anarchie et le communisme. Et toujours, bien sûr, de féminisme.


J’ai rédigé, ailleurs, un petit quelque chose à propos de Barbara (Amalric) et de Carré 35 (Caravaca). Et puis il y a un film, que j’écris & qui a trait à l’aliénation par la maternité.



Ceci n’est pas un pacte, ni un engagement. J’ignore tout de la fréquence à laquelle je viendrai partager ici des retours sur le monde qui mute & qui m’interroge. Sur celleux qui m’inspirent. Je me dis pourtant que c’est ce qu’il faut faire, transmettre ce qui nous meut & ouvrir des espaces de discussion. Que c’est ce qui formera des esprits critiques, qui nous poussera à justifier nos idées, à sourcer nos références, à affiner notre regard. A confronter nos sensibilités ? A peut-être, tenter de devenir des personnes plus justes puisque meilleur ne veut rien dire.



On dit donc, que je remet un pied ici, dans l’espace conçu par Vé & illustré par Mélanie, tout spécialement pour moi. To be continued, j’espère !


PS : Vous avez le droit de deviner la référence du titre, et vous me dites ?
En bonus : Vous connaissez ce poème de Paul Fort, l’amour marin, vingt-sept strophes qui durent une nuit pour vivre en condensé les strates des grandes histoires ? Tout ça me donne envie d’amours éphémères, de désespoirs et d’abandon. Vous l’entendez, le coeur qui bat à la contrebasse, boumboum boumboum boumboum, comme s’il n’existait plus rien, sinon un rythme à suivre aveuglément ? —



 

lundi 26 février 2018 , par Marie

Commentaires


  • Bonjour chère Marie


    Je vous ai rencontrée au gré de mes pérégrinations à travers instagram. Je me suis arrêtée sur certaines de vos publications, lu et savouré chacun de vos mots, ressenti vos états d’âme, envié la poésie de vos phrases, projeté certaines de mes émotions. Alors j’ai commencé à vous suivre, pas pour vous empreinter, pas pour m’identifier, juste par intérêt et curiosité car j’aime les gens cabossés, ceux pour qui la vie n’est pas une évidence mais qui savent souvent mieux que quiconque la ressentir. C’est ainsi que naissent les artistes, je crois que vous en êtes une. 


    Comme vous, j’aime me questionner, discuter, échanger, débattre bref tout ce qui met permet de me sentir vivante, en apprenant toujours plus. J’aime me confronter, partager, revenir sur mes opinions ou les défendre ; Pas sur tout évidemment, il ya des sujets sur lesquels je suis plus hermétiques ou auxquels je ne connais rien à rien. Dans ces cas là j’écoute mais peux m’ennuyer aussi très rapidement.


    Comme vous mais pas autant que vous, j’aime le cinéma, à la folie quand j’étais plus jeune, plus modérée maintenant que je suis plus sage.... Peut-être que je rêve moins tout simplement. Les livres me font vivre d’autres vie que la mienne et la psychologie me permet d’accéder au fond de mon âme...et celle des autres car j’en ai fait mon métier. Pas de panique, je ne suis pas là pour analyser quiconque. D’ailleurs, je n’analyse jamais. J’essaie juste de comprendre. Mais point de psychologie sans ce petit organe qui fait ce que nos sommes, le cerveau !!!! Fascinante machine et tellement plus poétique que ce que l’on croit.


    Voilà, je ne sais pas trop à quoi va servir ce petit texte, peut-être etait-ce juste pour vous porter à ma connaissance moi qui ai besoin de reconnaissance.En tout cas, je suis sortie de ma zone de confort, ai osé taper ces quelques phrases, peut être allons nous "confronter nos sensibilités", "affiner nos regards" ou pas. Peu importe, je continuerai à vous suivre et moi à à créer ma vie à travers instagram. 


    Bien à vous


    Valérie


  • Oh c’est Paul Eluard bien sûr, que j’aime si fort...

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